Mercredi 7 janvier 2009
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Prix d'interprétation à Cannes pour sa composition du Che. Benicio Del Toro ne dissimule pas sa fierté : « Le
Festival, c'est nos Jeux olympiques. Ce prix est comme une médaille d'or. »La saveur de la récompense répond à la fièvre de l'angoisse vécue avant d'endosser le rôle d'Ernesto Guevara. Le
leader de la révolution cubaine est devenu une icône que chacun s'approprie : « Ce genre de proposition est très excitant, mais ça ne vous met pas en sécurité. »
Tourmenté par le rôle
Ça a commencé dès les premiers essais,
face à la caméra de Steven Soderbergh : « Il a vu la peur sur mon visage. J'étais à deux doigts de tomber dans
les pommes. Il m'a dit : ' C'est impossible de faire un film sur le Che. Alors essayons de faire de notre mieux. ' On s'est lancé, mais deux semaines après le début du tournage, j'étais toujours
aussi tourmenté. Je n'ai jamais pris autant à coeur un de mes rôles. »
Longtemps, le Che est resté une figure assez confuse pour Benicio Del Toro, enfant de Porto Rico, « territoire américain ». « À l'école, on ne nous parlait jamais du
Che ni de la révolution cubaine. En 1978, on n'avait même pas de tee-shirt ! J'ai vraiment entendu parler de lui pour la première fois dans une chanson des Stones. » Plus tard, à Mexico, à
la fin des années 80, il a vu des photos et il s'est offert un livre sur les lettres écrites à sa famille : « C'est comme ça que mon intérêt pour lui a grandi. À travers ses écrits ; ça n'avait
rien de politique ni d'idéaliste. »
Lors du tournage de Traffic, avec Soderbergh, qui n'en connaissait guère plus sur la réalité du leader révolutionnaire, ils se sont mis d'accord sur... ce qu'il ne fallait pas tourner
: « On voulait que personne ne puisse nous dire ' ça ne s'est pas passé comme ça '. Et malgré tout, c'est un
film. Donc il y a des événements resserrés, mais ce sont des instants que nous avons sciemment retenus. »
Même en s'étirant sur quatre heures, et en deux épisodes, le récit reste très sélectif, dessine une image propre et positive du Che. Benicio Del Toro réfute les partis pris :
« C'est peut-être la façon dont je l'ai interprété qui donne cette impression de portrait trop idéal. Certes, il ne jouait pas
de la guitare, il tirait à la mitraillette. Mais le film reflète vraiment ce qu'on a lu des deux côtés, en bien et en mal. Et après tout, on est libre aussi de faire le film qu'on veut !
»
HEUREUSE ANNEE
2009
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**MAVERICK**
Par MAVERICK
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